Mémoire émotionnelle - mémoire corporelle

Notre mémoire est-elle notre ennemie

ou notre alliée ?

 

 

        Pouvons-nous agir sur notre mĂ©moire et modifier son influence sur notre vie ?

 

       

 

Depuis notre naissance, voire avant, et tout au long de notre vie, notre cerveau stocke les évènements qui nous ont marqués.

Nous percevons le monde par nos 5 sens. Avant la naissance, dans le ventre de notre mère, chaque son, chaque goĂ»t perçu est transfĂ©rĂ© au cerveau qui grave Ă  la manière d’un disque dur intelligent des informations, la mĂ©moire est dĂ©jĂ  en fonction !



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        Les ressentis qui en dĂ©coulent sont parfois dĂ©jĂ  important, c’est ainsi  que dès la naissance, nous sommes dĂ©jĂ  familiarisĂ©s avec la voix de notre mère, de notre père et des personnes qui constitueront notre environnement proche, et nous en tirons une signification Ă©motionnelle.

        Après la naissance ce que nous ressentons en plus les odeurs, le toucher et nous voyons notre environnement, grâce Ă  des circuits neurologiques nous avons une reprĂ©sentation mentale de notre environnement mais aussi de notre corps. La mĂ©moire dĂ©jĂ  en activitĂ© constitue la base de notre identitĂ© en construction.

 

      

         Organisation des Ă©lĂ©ments de notre mĂ©moire :

 

        Par des circuits associatifs, les informations reçues par nos sens vont imprĂ©gner notre cerveau de façon de plus en plus prĂ©cise. Chaque information sera traitĂ©e et alors que nous avons en nous des images, des scènes mais surtout de ressentis corporels. Nous intĂ©grons alors des notions comme : agrĂ©able, dĂ©sagrĂ©able, doux, violent, sĂ©curitĂ©, insĂ©curitĂ©,… C’est le dĂ©veloppement Ă©motionnel.

       

 

        Notre identitĂ© est liĂ©e Ă  l’histoire familiale, environnementale, du pays dans lequel nous vivons, voire dans une dimension planĂ©taire, dans laquelle nous nous inscrivons et nous impliquons.

 

        Notre histoire personnelle est ainsi influencĂ©e par ce que l’on nous raconte dĂ©jĂ  dans notre enfance et comment on nous le raconte. L’intensitĂ© Ă©motionnelle que le narrateur y insuffle, le ton de la voix, le geste, les mots prononcĂ©s sont autant de caractĂ©ristiques que le cerveau traite.

 

        La richesse de l’histoire du peuple auquel nous appartenons, croyons ou voulons appartenir. Nous percevons la difficultĂ© rencontrĂ©e par certaines personnes qui ont Ă©tĂ© volontairement ou involontairement dĂ©racinĂ©es. La richesse de cette histoire fait que chacun de nous va se l’approprier selon l’environnement dans lequel nous Ă©voluons nous donnant une dimension personnelle qui va dĂ©passer, par son anciennetĂ© notre naissance, nous faire intĂ©grer une relation au temps et Ă  l’espace qui remonte, Ă  l’histoire de nos parents (leurs souvenirs d’enfance retravaillĂ©s par leurs propres mĂ©moire).

 

Toutes les informations n’ont donc pas la même valeur pour notre mémoire et l’impact sera différent selon l’intensité de l’émotion suscitée et de la signification que nous donnerons à l’évènement.

Plus l’intensitĂ© Ă©motionnelle du message perçu est forte et rĂ©pĂ©tĂ©e et plus le marquage est profond. Ainsi si certains Ă©vĂ©nements marquent très fortement notre mĂ©moire, d’autres n’auront aucune incidence,  la mĂ©moire est sĂ©lective. Une mĂŞme scène Ă  laquelle plusieurs personnes assistent au sein de la famille, de la sociĂ©tĂ©, de la vie n’aura pas les mĂŞmes consĂ©quences pour tous, que ce soit au niveau identitaire ou comportementale,  puisque chaque Ă©vĂ©nement touche la personne selon sa propre expĂ©rience.  

 

        Dans nos familles, alors que nous sommes enfants, nous apprenons Ă  ĂŞtre et Ă  vivre dans le monde. Nous apprenons et nous allons nous rappeler (plus ou moins consciemment) « les bonnes manières Â», comment se tenir, comment parler en telle ou telle circonstance, ce en fonction de la façon avec laquelle on nous a inculquĂ© ces comportements.

L’importance que cela va revêtir pour nous est déterminante.

        L’école, les activitĂ©s sportives, culturelles et cultuelles nous apportent Ă©galement des repères pour nous identifier par rapport Ă  soi, par rapport aux autres.

Par exemple, l’histoire du pays dans lequel nous vivons, apprise Ă  l’école, a son importance car elle va contribuer Ă  nous faire accĂ©der Ă  un niveau d’appartenance, sans pour autant dĂ©laisser l’histoire du pays d’origine, pour ceux et celles qui sont concernĂ©es par les dĂ©placements dans d’autres pays. Ainsi plusieurs cultures vont se confronter, s’affronter ou se complĂ©ter,  selon que les traditions d’origine, sont entretenues ou pas. Le calendrier, riche en commĂ©morations, nationales ou religieuses, les diverses fĂŞtes Ă  souhaiter participe Ă  la construction de notre identitĂ©.

 

 

        L’installation de notre comportement se fait selon diffĂ©rents modes crĂ©ant en nous des automatismes :

-         les rĂ©flexes conditionnĂ©s (Pavlov),  

-         le comportement  gĂ©nĂ©rĂ© par un système d’encouragement et de dissuasion basĂ© sur la rĂ©pĂ©tition (skiner)

-         la copie d’un modèle (Bandura).

 

        Voici quelques exemples d’émotions et de comportements automatiques :

Je vois sur le calendrier la date d’un long week-end,  j’organise mon emploi du temps et les prĂ©visions de ce que je vais faire, envie de faire, avec qui... Au niveau du cerveau, la connexion se fait directement selon les habitudes dĂ©veloppĂ©es. Le comportement est d’autant plus motivĂ© que l’issue en est agrĂ©able.

C’est le bon point à l’école pour avoir bien travaillé ou c’est le ressenti désagréable qui empêche d’agir.

Une femme( ou un homme), a appris Ă  faire la cuisine en Ă©tant aux cĂ´tĂ©s de sa mère,  qui prĂ©parait le repas Ă  la maison, telle ou telle recette ! Pas besoin nĂ©cessairement de plus d’explication.

D’autres comportements comme parler fort ou la colère dans certaines circonstances sont en général moins bénéfiques.

Les comportements installés sont ou pas adaptés.

Ces modes d’installation inconscients se font de façon concomitante.

 

En grandissant, nous sommes capable de raison. Celle-ci nous permet d’agir parfois contre notre volontĂ© première. Par exemple, se rendre Ă  un dĂ®ner, rencontrer des gens que nous n’apprĂ©cions pas, mais nous le faisons malgrĂ© tout,  car il s’est installĂ© dans notre cerveau une hiĂ©rarchie de prioritĂ©s. La difficultĂ© survient lorsque l’ordre des prioritĂ©s n’est pas « claire Â» en nous !  

 

Ces automatismes comportementaux sont inscrits en nous, réactivés par l’émotion ou le contexte qui les génère.

 

Il suffit que nous entendions une musique qui nous a procurĂ© du plaisir pour nous remettre Ă  taper dans les mains, Ă  danser la tĂŞte pleine d’images, nous revivons alors ce moment de bonheur.  La musique rĂ©active notre mĂ©moire.

Si nous regardons des photos, nous pouvons Ă©galement revivre la scène, l’émotion du moment, nous pouvons mĂŞme Ă©tendre notre mĂ©moire et nous rappeler  les sons, les voix et rĂ©flexions des personnes prĂ©sentes, retrouver des odeurs, des goĂ»ts, etc.… ce qui, est personnel Ă  chacun d’entre nous. Avons-nous les mĂŞmes souvenirs en montrant des photos de vacances Ă  des amis qui n’étaient pas prĂ©sents, et selon qu’ils connaissent ou non les endroits ou les personnes prĂ©sentes sur les photos ?

 

Ayons à l’esprit que parfois des empreintes émotionnelles permettent le plus souvent d’agir de façon appropriée, comme faire attention en traversant la route.

 

        Au cours du dĂ©veloppement corporel, alors que nous apprenons Ă  nous tenir debout, chaque impact Ă©motionnel va stabiliser notre Ă©quilibre ou le dĂ©stabiliser. Chaque Ă©vĂ©nement marquant de notre vie est donc inscrit Ă©motionnellement Ă  un ou plusieurs endroits de notre corps, ce qui nous les fait ressentir Ă  l’endroit oĂą l’émotion a Ă©tĂ© ancrĂ©e. Ce ressenti peut ĂŞtre rĂ©activĂ© par une information sensorielle composante de l’évènement. En regardant un film, une scène peut rĂ©veiller en nous une Ă©motion sans que nous en saisissions le sens.

Notre mémoire garde dans notre corps ces inscriptions qui pourront réapparaître sous diverses formes, de façon logique ou non.

       

 

         La mĂ©moire est l’élĂ©ment dĂ©terminant du cerveau qui structure notre identitĂ© Ă  tous les niveaux :


        Une personne qui perd sa mĂ©moire ou l’occulte (le plus souvent inconsciemment) se prive d’une partie de son identitĂ©. Nous ne pouvons pas changer les Ă©vĂ©nements de notre histoire mais nous pouvons changer la signification que nous leurs avons donnĂ© et nous dĂ©connecter des Ă©motions nĂ©gatives associĂ©es.

La mémoire est en constant remaniement tout au long de notre vie.

               

Plus le développement de notre identité est structuré par autant de variétés d’informations et plus nous avons la possibilité de gérer nos émotions et de faire des choix de vie épanouissants.

 

En décomposant ses données sensorielles et en les actualisant nous pouvons utiliser notre mémoire et en faire notre alliée plutôt que notre ennemie.

 

        Le coaching systĂ©mique et corporel que nous avons dĂ©veloppĂ© est un processus d’accompagnement complet, nous permettant de comprendre comment une situation, passĂ©e, gĂ©nère des comportements, mais aussi confère Ă  l’individu une expertise. Permet de faire un Ă©tat de la structure identitaire, sans pour autant que nous ayons besoin de retrouver la scène d’origine. L’organisation prĂ©sente est le  « point d’équilibre Â» ou de « dĂ©sĂ©quilibre Â».

L’alignement corps et pensées apporte l’harmonie et donne accès à la performance.

 

 

                                                                   Gabriel Choukroun

 

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